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Cette remarque, attribuée à Peter Drucker (c'est dingue comme une fois célébre toutes les bonnes idées vous sont attribuées), a été le fer de lance de Mark Fields, président de FORD, qui l'a affichée dans la salle du Conseil.

 Trois choses à retenir de Mark Fields
  1. Sa conviction qu'une culture peut changer : c'est une question de leadership
  2. Son défi de passer du Monde Ford actuel, souvent emprunt d'aigreur, de méfiance et de peur, à un Monde de créativité, d'innovation et de sens des responsabilités
  3. Son résultat : Ford est le seul constructeur automobile des "Big three" qui n'a pas réclamé au Gouvernement US une aide financière et qui bénéficie aujourd'hui (en 2011) d'une image de marque positive de qualité et d'adéquation aux besoins des clients
Ces trois éléments sont au coeur de la démarche Monde que nous vous invitons à parcourir dans vos entreprises
  • Je constate chaque jour chez mes clients que la culture ne fait qu'une bouchée de la stratégie, dès le lancement !
  • C'est assez discret. La communication officielle est pleine de stratégie : vos conventions, vos journaux d'entreprises, vos comités de direction, ... Disciplinées vos équipes disent "oui" et traduisent la stratégie dans leur Monde.
  • Comme un rayon lumineux dévié à travers l'eau, le point visé n'est pas atteint malgré des efforts énormes
Le livre "changez de monde" (page 211) va plus loin en illustrant l'interdépendance entre Monde et Stratégie
  • Si votre Monde est bien le levier de l'exécution de votre stratégie, êtes-vous conscient que votre Monde est la matrice de votre stratégie ?
  • En effet vous pensez dans votre monde actuel et il est souvent très difficile de penser une stratégie "d'ailleurs"


Vous pouvez relire avec intérêt quelques blogs qui illustrent ce "breakfast" que votre Monde fait subir à votre stratégie :
"Culture Eats Strategy For Breakfast"

Laurent Dugas
La catastrophe de BP dans le golfe du Mexique illustre la très grande difficulté des entreprises à définir et à choisir clairement le monde dans lequel leurs actions s'inscrivent. Les accidents de BP dans la durée illustrent son incapacité à passer d'un Monde sécurité des personnes à un Monde sécurité des grands risques, et à associer les deux.



Le désastre de Deepwater Horizon était-il évitable ?
Comme toute grande catastrophe les causes sont systémiques et forment un ensemble inextricable. Pourtant de tels événements n'arrivent pas à toutes les entreprises, car leurs approches de la sécurité sont différentes, dictées par leur Monde.
Dans le cas de BP les experts mettent en avant un décalage culturel profond dans son approche de la sécurité. Suite à des accidents précédents, en particulier une raffinerie au Texas, BP avait mis l'accent à fond sur la sécurité des personnels : éviter les accidents du travail, fréquents, par toute une série de normes. En revanche elle n'avait pas construit une culture de la sécurité pour des grandes catastrophes, très peu fréquentes.
BP exigeait que les tasses de café portent un couvercle mais elle n'avait pas de processus pour faire un test de pression négative sur un puits en eau profonde.

Cette immense entreprise avait construit un Monde sécurité inadapté à la gestion des catastrophes.

  • Erreur de représentation du problème ?
  • Incapacité, malgré des efforts réels, à faire évoluer sa culture pour adresser des événements qui n'arrivent pas tous les jours ? 

BP n'avait pas le Monde sécurité voulu, et en tout cas n'a pas su l'atteindre.
Ainsi le CEO démissionné, Tony Hayward, s'étonnait encore que la catastrophe Deepwater Horizon soit survenue l'année où tous les indicateurs sécurité de BP étaient en progrès.

Quelle leçon tirer de ce cas exemplaire ?
Vos stratégies, vos décisions sont prises en fonction de votre Monde, c'est à dire de vos représentations. La catastrophe financière, écologique, industrielle arrive statistiquement très rarement, - le cygne noir -
Elle n'est donc pas a priori la source de nos représentations collectives. nous n'avons pas les outils instinctifs pour l'appréhender. Même si c'est le cas, nos pratiques quotidiennes, notre Monde historique, évacuent les efforts pour concrétiser la représentation de la catastrophe.
BP a ainsi lancé des programmes ambitieux de formation et d'éducation sur les préventions des catastrophes. mais ces actions sont restées théoriques, loin d'un Monde vécu, mesuré, reconnu. La surface, l'apparence était là, mais c'était très loin de constituer un Monde habité.

Quelles sont vos recommandations pour le nouveau CEO de BP, Robert Dudley, qui va rencontrer exactement les mêmes difficultés culturelles et opérationnelles?
Quelles sont  les passerelles qui lui permettront d'atteindre le monde sécurité cible, celui des Personnes ET des Catastrophes ?

Laurent Dugas