Affichage des articles dont le libellé est PDG. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est PDG. Afficher tous les articles

Après avoir épuisé deux PDG dans les dernières années, la capacité de transformation d'Air France -KLM interroge autant qu'elle est nécessaire et urgente. Les dernières annonces de grève en sont l’exemple frappant. Voici quelques pistes pour le futur PDG

Jean-Marc Janaillac a clairement exprimé dans sa tribune "testament" dans le Figaro du 28 mai que l’enjeu de la transformation était essentiellement humain.

"Le plus grand danger qui menace Air France KLM est sa cohésion ... les crises à répétition ont profondément divisé Air France... l'entreprise devra passer d'un fonctionnement trop vertical et cloisonné à une organisation plus transversale et plus agile, par un profond changement de culture managériale"

Souhaitons que le futur PDG ait à cœur de saisir ces sujets dès son arrivée et qu’il rassemble les qualités personnelles de leadership pour obtenir des résultats rapides et durables. 

Pour embarquer les équipes dans une nouvelle dynamique positive et durable il faut rassembler deux éléments :
- un projet porteur de sens (qui évite tout replâtrage)
- une femme ou un homme pour concevoir et incarner ce projet

A) Nourrir un projet collectif solide ?

Changer la représentation collective des transformations induites par la stratégie : les évolutions vers le low-cost sont vécues par le corps social, et pas seulement par les personnels navigants, comme une forme de « dépeçage » du modèle historique d’Air France. Alors que cela peut être vécu comme des axes de développement apporteurs d’une pérennité des emplois et de carrières motivantes et enrichissantes. Pour cela il ne faut pas se placer en "défenseur d'Air France" mais en « bâtisseur d'un Groupe aérien Français et Européen multi marques »

Embarquer les équipes dans un monde Voulu différent du monde historique. Celui-ci est centré sur la marque Air France. Le Monde Voulu doit fédérer s l’appartenance réelle à un groupe complet, Air France – KLM. Groupe qui doit répondre, avec des offres de service adaptées, à ses différents segments de clientèles. Il faut repenser une organisation agile qui mutualise l'ensemble des fonctions supports et transverses au niveau Groupe et qui donne une large autonomie de développement aux Marques organisées par segments de clientèles

 Le projet de transformation doit s’appuyer sur trois axes pour réussir son adoption
  • Construire une vision à trois ans du Groupe Air France KLM, en partant des différents segments de clientèles à servir ou à conquérir : Quelle ambition ? Quel positionnement de l’offre ? Quels modèles opérationnels avec quelles structures de coûts ? Quelle organisation du Groupe et quelle gouvernance ?
  • Traduire cette vision en une réalité concrète pour l’ensemble des salariés du Groupe : un Monde Voulu, base commune de tous les collaborateurs, avec leur déclinaison par métier. Quels sont les critères de performance ? Comment cette performance est-elle reconnue et par qui ? Comment les salariés bénéficient-ils du développement du Groupe tout entier ? Quels modes de management et d’interactions collectives à mettre en place en tirant le meilleur profit des cultures d’entreprise française et néerlandaise ? Comment sont prises et exécutées les décisions ?
  • S’engager dans une démarche transparente de construction collective. Il faut rétablir une envie et une confiance, dans l’esprit par exemple de la « refondation» d’Orange France réussie par Stéphane Richard, en associant très concrètement les collaborateurs à la construction du projet sur le fond et sur les valeurs qui le cadrent, sans se figer dans les relations avec les IRP

B) Incarner ce projet et cette démarche dans un leader qui soit ouvert, expert, rigoureux, moderne ?
Nous pourrions dresser le profil cible autour des points suivants:
  • Une forte capacité à embarquer les équipes dans un projet difficile mais passionnant et qui va permettre à chacun de s’épanouir,
  • Une vision claire de la stratégie et de la gouvernance à mettre en œuvre. Si la stratégie est assez claire, la gouvernance doit être renforcée pour engager tout le Groupe
  • Un engagement et une énergie 100% focalisés sur les objectifs, avec une valeur d’exemplarité reconnue par tous.
L’enjeu est de construire un projet porteur de souffle, celui d’un Groupe européen de transport aérien, réellement unifié, dans lequel chacun de ses 85 000 salariés se reconnaissent, quelle que soit la compagnie aérienne pour laquelle ils travaillent, et qui bénéficient, tous, de son développement

Laurent Dugas
www.pval.com


La performance de l'informatique, ses modes de fonctionnements, la valeur qu'elle crée versus ce qu'elle coûte, ...sont autant d'éléments ou nous constatons un écart important entre la représentation qu'en a le DSI et ses équipes et celle qu'en ont la Direction Générale et les autres Directions opérationnelles ou fonctionnelles
 
 
 
Le diagramme joint, issu d'une enquête conduite par WIPRO, illustre deux choses :
  • La difficulté de quantifier la valeur créée par l'informatique : mais cela serait vrai de toute fonction, par exemple la RH rencontre le même souci
  • Plus important est l'écart de perception énorme entre ce que pense le DSI et ce que pense les autres Directeurs. C'est un réel frein à l'efficacité de la DSI et une menace sur la carrière du patron de cette DSI !
 
La réduction de cet écart entre le Monde IT et les autres Mondes au sein de votre entreprise est un sujet majeur qu'adresse P-VAL
  1. Comprendre comment fonctionne votre Monde IT "pour de vrai" et pourquoi il agit ainsi dans ses projets, décisions, interactions avec les autres composantes de l'entreprise
  2. Définir une stratégie durable de (re) synchronisation pour apporter le meilleur service possible, avec le maximum de reconnaissance ; cela afin d'avoir les  moyens d'actions, financiers et opérationnels pour éviter les délais, les silos, les blocages
  3. Construire les passerelles pour synchroniser les mondes en présence : gouvernance, tableaux de bord, démarche projets, mesure de la valeur ajoutée, intégration en amont aux réflexions business /clients, ...
 
Laurent Dugas
 
 
Twitter vient de fêter son cinquième anniversaire et la société est déjà valorisée 7 milliards de dollars, pour un CA de 45 millions.

Aucun hasard, aucune chance, un enchaînement de trois changements de Mondes portés par trois PDG.
Le premier PDG de Twitter était Jack Dorsey. Il est le fondateur dont l’histoire retiendra qu’il a envoyé en mars 2006 le premier message Twitter « j’invite mes collaborateurs ». Son rôle a été de dessiner les contours du produit. Jack a ensuite passé la main à Evan Williams en octobre 2008 qui a développé le service et étendu son adoption. 165 millions d’utilisateurs après, Evan Williams a transmis le flambeau à Dick Costolo en octobre 2010 dont l’objectif est maintenant de transformer l’entreprise pour qu’elle fasse du CA.

5 ans, 3 PDG, chacun d’entre eux ayant fait changer le Monde de Twitter.

Faut-il qu’une entreprise change aussi souvent de PDG pour réussir ?
Oui certainement quand seul un nouvel homme pourra créer le Monde nécessaire à la réussite d’une nouvelle stratégie … et de donner à ses équipes l’envie d’appartenir à ce nouveau Monde.
Jack Dorsey est un créatif, son Monde de l’inspiration l’aurait bloqué pour étendre la zone d’influence de Twitter. C’est donc Evan Williams qui a pris le relais. Il appartient sans doute à un Monde de l’opinion « Twitter n’existe que s’il est connu ». Monde de l’opinion mais pas Monde marchand (celui du résultat chiffré). Dick Costolo est Monde marchand mais aussi Monde industriel (il vient d’Accenture), le temps du professionnalisme commercial commence.

A-contrario, il n’est bien sûr pas utile de changer de PDG quand les changements de stratégie ne sont qu’incrémentaux, ou que le PDG est un super-héros.

Un peu d’introspection pour vous lecteur …
Si vous êtes Administrateur, interrogez-vous sur la capacité du PDG que vous avez nommé à imaginer une nouvelle stratégie, compte tenu de son Monde d’appartenance, voire sur sa capacité à la mettre en œuvre.
Si vous êtes un collaborateur de votre entreprise, peut être avez-vous mieux compris pourquoi votre entreprise était une formidable réussite.

Moralité du cas Twitter : les entreprises de l’économie Internet sont aussi éblouissantes sur leurs modèles de management que sur leurs modèles business.

Bruno Jourdan