Affichage des articles dont le libellé est effort. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est effort. Afficher tous les articles
Vincent Collet, entraîneur de l'équipe de France de Basket, troisième au championnat du monde pour la première fois, a cité Johnny Wilkinson dans son débriefing : "La prochaine fois que ce sera aussi dur, rappelez-vous combien cela avait été bien après"




Cette citation d'un sportif emblématique par son goût de la perfection presque névrotique illustre que l'effort doit être mesuré à l'aune du succès.










Cela semble évident en théorie, mais la pratique en est souvent éloignée : le problème réside dans la séquence des choses

  • Le manager demande d'abord l'effort à ses équipes avant de pouvoir partager le succès.
  • L'effort est forcément dur. Il nous conduit hors de notre zone de confort. Il n'est pas la motivation en lui-même
  • A l’instant où il est produit il est "un pari" sur l'avenir. Le succès n'est pas nécessairement au rendez-vous. Il faut investir avant de gagner, ... si on gagne
  • Quand le succès arrive, on est souvent déjà reparti vers un autre challenge, un nouvel effort
  • Finalement les équipes ne retiennent que des efforts sans fin
Que nous apporte alors cette réflexion ? Vincent Collet, en bon manager, la cite dans un grand moment de joie : c'est maintenant qu'il faut mémoriser le bonheur du succès. Cela afin de pouvoir en ressortir le "flash" positif, quand vous serez à  nouveau dans le dur, plus tard

Dans nos pratiques managériales et dans nos projets de transformation, cette phrase nous incite à deux choses :

1. Fêter beaucoup mieux les succès
  • Trop souvent nous disons à peine merci et nous sommes déjà partis sur le projet, le budget et la vente des suivants. Vous devez organiser la célébration des succès pour en assurer la mémorisation
  • Les Caisses Régionales du Crédit Agricole célèbrent avec tous les collaborateurs et administrateurs la fin du plan moyen terme et le lancement du nouveau construit avec P-Val. C'est une vraie célébration que très peu d'entreprises feraient : " Trop cher. Pourquoi inviter tout le monde " . Elle ponctue la vie collective et valorise les efforts à faire pour concevoir puis exécuter le plan stratégique sur 3-5 ans

2. Dès le démarrage de votre effort de transformation, aider vos équipes à visualiser l'état cible
  • Cela sera comment quand nous aurons réussi ? Il s'agit de rendre visible l'état cible - le Monde Voulu - et y associer le plaisir, l'émotion des succès réalisés et mémorisés dans le passé collectif
  • Avec la Direction Financière de BNP Paribas CIB nous avons passé un temps important pour visualiser le Monde Voulu et le concrétiser dans des ancrages forts - "Pépites"  - qui permettent de se projeter au delà des obstacles actuels. Nous avons une démarche comparable en-cours au sein du projet stratégique de La Banque Postale Cap Client 3.0. 
Laurent Dugas
La notion de l'effort est une idée tout a fait d'actualité. Chaque jour nous devons faire des efforts pour développer, maintenir nos entreprises, économiques ou non. Pourtant c'est une notion presque tabou : les collaborateurs veulent être aidés, accompagnés, formés pour toute nouveauté, les managers doivent être coachés, sécurisés, les PDG veulent des parachutes dorés,  les retraites doivent être conservées quand bien même il n'y pas de source de financement, l'école doit faire réussir le plus grand nombre par magie, ....
Bref l'effort n'est pas post-moderne. Il est vrai que dans l'effort nous associons beaucoup plus souvent la souffrance que le plaisir.
Pour donner à cet notion d'effort une place plus équilibrée entre souffrance et hédonisme, nous pouvons nous interroger sur ce que serait un Monde de l'effort : un Monde dont la grandeur serait de faire des efforts, dont les interactions seraient autour de ce principe, et dont la reconnaissance serait apportée par ceux qui ont fait le plus d'effort et qui nous donneraient les "moyens" de réussir les notres.

Voici un texte qui illustre très bien cet notion d'effort comme passage obligé pour devenir "grand" au sens des Mondes.

Un jour, apparut un petit trou dans un cocon ; un homme, qui passait à tout hasard, s’arrêta de longues heures à observer.
Le papillon, qui s’efforçait de sortir par ce petit trou. Après un long moment, c’était comme si le papillon avait abandonné, et le trou demeurait toujours aussi petit. On dirait que le papillon avait fait tout ce qu’il pouvait, et qu’il ne pouvait plus rien faire d’autre.
Alors l’homme décida d’aider le papillon : il prit un canif et ouvrit le cocon. Le papillon sortit aussitôt. Mais son corps était maigre et engourdi ; ses ailes étaient peu développées et bougeaient à peine. L’homme continua à observer, pensant que, d’un moment à l’autre, les ailes du papillon s’ouvriraient et seraient capables de supporter le corps du papillon pour qu’il prenne son envol. Il n’en fut rien !
Le papillon passa le reste de son existence à se traîner par terre avec son maigre corps et ses ailes rabougries. Jamais il ne put voler.


Ce que l’homme, avec son geste de gentillesse et son intention d’aider, ne comprenait pas, c’est que le passage par le trou étroit du cocon était l’effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre le liquide de son corps à ses ailes de manière à pouvoir voler. C’était le moule à travers lequel la vie le faisait passer pour grandir et se développer.


Parfois, l’effort est exactement ce dont nous avons besoin dans notre vie. Si l’on nous permettait de vivre notre vie sans rencontrer d’obstacles, nous serions limités. Nous ne pourrions pas être aussi forts que nous le sommes. Nous ne pourrions jamais voler
 
Ce texte souvent repris, en particulier par l'Abbé Pierre, semble provenir d'un auteur inconnu : un effort "gratuit" mais très utile !

Laurent Dugas