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Les clients nous demandent souvent : "Les Mondes, c'est très bien, nous comprenons, cela motive nos équipes, nos clients le sentent, mais est-ce que cela nous fait vraiment gagner ?"

Je suis fan de foot et j'ai vécu deux soirées exceptionnelles mardi et mercredi avec la Ligue des Champions. Je vais parler du Real Madrid, mais je pourrais dire la même chose de Liverpool.

Depuis trois tours - Paris, Chelsea, Manchester City - le Real gagne, on ne sait pas comment. Hasard des rebonds, joueur exceptionnel,  effondrement émotionnel de l'équipe adverse ?

Ah ! Ce dernier point nous donne la clé : il semble à chaque fois que le club adverse qui mène largement, qui domine dans le jeu, s'effondre. Alors que ce devrait "normalement" être l'inverse. Le Réal ne s'effondre JAMAIS. Et ça, ce n'est pas un joueur, ce n'est pas une équipe, ce n'est pas un club, c'est une institution, c'est un MONDE au sens P-VAL.

Un Monde, c'est une culture en action qui se transmet de génération en génération. 

Barcelone a le moto "Mas que un club". C'est vrai pour le Real et ce n'est pas vrai pour ses trois derniers adversaires : ils ont des budgets pharamineux, des entraineurs de renom, les meilleurs joueurs de la planète, ils ont une équipe expérimentée, mais ils n'ont pas, pas encore, un Monde de Performance bien ancré.

Alors, pouvons-nous approcher ce Monde de Performance du Réal ?

Le sujet mérite une étude approfondie (je vais appeler Florentino Perez ;), mais voici quelques pistes à murir. Un Monde se définit par 4 grandes rubriques (nous consulter pour le détail).

GRANDEUR : gagner la Ligue des Champions est "naturel", normal. Le club est programmé pour être le plus grand. Il pense et agit "excellence", à chaque instant.

RECONNAISSANCE : si vous venez au Real, c'est pour gagner la Ligue des Champions. C'est le seul club qui peut vous le "promettre". C'est pourquoi Mbappé va venir au Real, quelque soit l'argent que le PSG lui promet. Et c'est la même chose pour tous les joueurs. Un joueur vient et reste au PSG pour l'argent, il va au Real pour gagner. Cela change tout.

INTERACTION : c'est une alchimie difficile à analyser de l'extérieur. Je vais dégager une anecdote révélatrice. Il y a quelques temps, Benzema a déclenché une polémique en disant à l'arrière latéral Mendy "Ne passe pas le ballon à Vinicius (leur ailier hyper rapide), il joue contre nous". Aujourd'hui Benzema et Vinicius s'entendent comme larrons en foire et tous les centres de Vinicius sont pour Karim. Cela veut dire que les joueurs du Real ne se mentent pas sur la performance, ils se disent les choses directement, cash, pour le bien de l'équipe et cela marche.

DECISION : un club prend des dizaines de décisions chaque jour. Il les prend en fonction de son âme, de son Monde de performance : pas de Monde de Performance, pas de bonnes décisions dans la durée, demandez à Léonardo au PSG. Hier soir, l'entraineur Carlos Ancelotti a sorti ses 3 milieux de terrains stars, historiques, pour trois jeunes de 10 ans de moins chacun. Il l'a fait naturellement, car les joueurs sont préparés, le savent.

Pensez à ce Monde du Réal pour votre propre équipe, votre entreprise. C'est votre Monde de performance qui vous fera gagner dans la durée, rien d'autre.

Je vous quitte car Guardiola m'appelle ;)

Laurent

Laurent.dugas@pval.com


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un rappel de ce qui a fait la force des vainqueurs de 2018 : les mêmes ingrédients sont-ils présents ?

Pour répondre à cette question nous devons comprendre quel est le Monde de cette équipe de France, au regard de nos 6 Mondes de références :

Inspiration ? Non, pas de nouvelle vision du football, pas de discours ou de théorie révolutionnaire. A la rigueur quelques éclairs de Mbappé et Griezman

Domestique ? Oui, au sens d'un collectif qui "a bien vécu " entre lui, sous la houlette ferme d'un manager hiérarchique convaincant, Didier. Tout l'inverse de la catastrophe domestique en Afrique du Sud. Cet effort de toute l'équipe se traduit par la mise de côté des ego. Ce qu'une star comme Pogba, qui peut sembler narcissique avec ses effets capillaires, a parfaitement incarnée

Opinion ? Oui au sens individuel. Chaque joueur est maintenant une marque qui communique sur Instagram et Twitter. Chaque joueur est média entraîné et sait répondre à toute question sans se livrer au pire,  en faisant rire au mieux. Mais collectivement l'équipe n'a pas cherché à gagner la bataille de l'opinion. Elle l’a géré en Monde marchand : « si on gagne tous seront avec nous, si on perd tous seront contre nous, donc il faut gagner »

Civique ? Oui, une part importante de la motivation vient sans doute de l'idée de représenter son pays. Le débat sur le fait de chanter la Marseillaise ou pas a disparu. L'importance de bien représenter son pays par  un comportement qui dépasse le seul match est réelle. 

Industriel ? Pas vraiment. Pas de processus, pas de stratégie complexe volontariste. Plutôt un pragmatisme à tout crin, « on s'adapte » Même si la préparation rigoureuse, la discipline, le respect des consignes renvoient à ce domaine

Marchand ? Oui et c'est la dimension principale. "L'important est de gagner", même  si le jeu proposé est décevant dans sa qualité créative. C'est l'opposé de la phrase de Coubertin "l'important est de participer". 

Cette volonté de gagner et de mettre son ego de côté pour y parvenir, de se sacrifier (qui oserait encore employer un mot comme cela au travail ?) est l'enseignement majeur de cette compétition pour nous.

Par rebond la France devient un pays de gagneurs, pas seulement celui de la douceur de vivre, des grèves, des impôts ! Certes la transposition à un pays a ses limites évidentes : on ne sélectionne pas ses habitants J

Pourtant cette victoire des Bleus nous rappelle que la France est (historiquement) un pays combatif, un pays qui aime gagner et qui est prêt à beaucoup de sacrifices pour cela, pour autant qu’elle ait un projet fédérateur en vue

Laurent Dugas




Sepp Blatter est assurément un créateur de Monde. Le Monde de l’industrie lucrative du sport-business

  • Sepp Blatter a dans les années 1970 pris en charge un sport amateur pour en faire une industrie lucrative. En 1970, il y avait à peine la télévision, pas de droits télévisuels, pas de merchandising, ni de sponsoring, les Jeux olympiques étaient amateurs, le sport était un loisir. Il n’est pas parti d’une feuille blanche, il y avait des champions, des vedettes mais il a créé une industrie. Le montant des droits TV, celui des achats de joueurs ou le prix d’une sextape tels qu’ils existent aujourd’hui était tout bonnement impensable dans les années 1970.
  • Le succès est incontestable. L’industrie du sport, c’est aujourd’hui environ 500 milliards de dollars par an.


Mais Sepp Blatter a oublié – ou voulu oublier - de créer toutes les conditions pour que le Monde qu’il créait soit pérenne.

  • Première erreur, Sepp Blatter a fait basculer le sport dans un autre Monde mais il a continué à l’administrer par le biais d’associations à but non lucratif. Comme le dit François Thomazeau, c’est Hollywood géré par des associations loi 1901. Cela ne peut pas marcher. Le mélange des genres entretenant forcément les risques de dérapages et de corruption. Blatter était en même temps promoteur de son sport et en charge de la lutte antidopage, truand, flic et juge.
  • Deuxième erreur, l’oubli que chaque Monde a son prix à payer. Ce prix, il faut l’accepter ou le mettre sous contrôle. Le prix à payer du sport business c’est la recherche continue de la performance. Le problème est que cette recherche conduit nécessairement au dopage. C’est le philosophe Heinz Wismann qui en parle le mieux en pensant à l’athlétisme : Le but dans nos sociétés, c’est la croissance, la performance toujours plus grande. Dans une société de performance, tout le monde se dope, d’une manière ou d’une autre. Parmi les principaux éléments dopants dans une société, le principal est la consommation. C’est une promesse de satisfaction rapide, instantanée qui raccourcit le temps pour obtenir une chose. Le dopage n’est rien d’autre, comme la drogue, de raccourcir le temps d’effort pour atteindre le but fixé. La corruption, elle, a toujours existé. Elle se jette sur l’urgence de l’époque, elle l’exploite.

                                                                  
Le Monde du sport-business va-t-il disparaître avec Sepp Blatter ?

  • Non ? Ce Monde nous plait. Les sportifs peuvent vivre de leur passion, les medias gagnent des audiences, les sponsors gagnent de l’argent et les spectateurs adorent les performances
  • Oui ? Les clients/citoyens changent. La Cop21 est un signe de plus que nous les citoyens – clients du Monde du business – avons envie que le Monde change. Mais si le Monde du sport lucratif devait être remplacé par autre chose, nous devons tous être prêts à en payer le prix : moins de performance et moins de championnats attrayants.

Y sommes-nous prêts ?

Bruno Jourdan


Raymond Domenech a publié le 21 novembre « Tout seul » - le bien nommé !
Il y décrit les symptômes de son échec, mais sans aller jusqu’au bout de son analyse par défaut de grille de lecture des événements.
Raymond aurait pu utiliser notre grille Monde. Elle dit pourquoi il s’est planté, elle dit aussi ce qu’il aurait dû faire pour réussir.

 Pourquoi s’est-il planté ?

1/Première erreur, il n’a pas clairement « dit » son Monde voulu.
Il ne l’a pas dit aux joueurs qu’il sélectionnait, il ne l’a pas dit aux médias, il ne l’a pas dit au 60 millions d’entraîneurs-adjoints que nous sommes.
C’est d’autant plus dommage qu’on sent qu’il en avait un : un Monde où qualités individuelles et esprit d’équipe sont totalement intégrés, où les qualités individuelles ne suffisent donc pas pour faire partie de l’équipe, un Monde du clan dans lequel le chef est l’entraîneur et qui éliminera tout joueur qui refuse le collectif.

2/Deuxième erreur, il n’a pas créé de passerelles pour faire rentrer ses joueurs dans son Monde à lui.
La passerelle pour réussir ce passage est pourtant simple dans ce métier du football : la sélection, avec sa version encore plus visible : l’exclusion de la sélection.
Domenech n’a pas utilisé cette passerelle, il a retenu et fait jouer des joueurs qui n’avaient pas cet esprit d’équipe et qui le revendiquaient. Pourquoi diable n’a-t-il pas utilisé la méthode Aimé Jacquet qui, lui, avait su montrer que son Monde voulu n’était pas négociable en ne retenant ni Ginola ni Cantona, pourtant les meilleurs joueurs individuels français de l’époque.

2/Troisième erreur, il a rendu illisible son Monde voulu
a) Un pas en arrière sur son Monde voulu en ne retenant pas Gourcuff - « Je me suis rendu compte qu'inconsciemment, beaucoup de joueurs ne lui faisaient pas la passe lorsqu'il était le mieux placé. Le «sortir» du groupe, c'était un moindre mal. Sinon, il fallait virer 4 ou 5 joueurs. J'ai été sévère avec lui mais c'est parce que c'est un mec super, cultivé, avec le sens du collectif. Il n'avait rien à faire dans ce contexte difficile ». Sic.
b) Un pas en avant vers son Monde voulu en virant Anelka qui l’avait tutoyé « Ce tutoiement, c'est l'effondrement d'un monde. Je suis en pleine détresse. Choqué ».
c) Encore un pas en arrière « pourquoi n’ai-je pas écarté certains ? Mais parce qu'ils étaient les meilleurs joueurs du moment ! La valeur du joueur est aussi importante que l'état d'esprit. On ne gagne pas un Mondial avec des joueurs qui n'ont «que» le bon état d'esprit. Et puis, on a toujours l'espoir que ça va marcher »

Qu’aurait-il dû faire pour réussir ?
Raymond Domenech a choisi les individualités, les talents, et n’a pas su créer un Monde pour les fédérer… et gagner la Coupe du Monde. Pourtant, chacun en rêvait.
Nous rêvons tous de « performance », quel que soit le sens que nous donnions à ce mot. Elle n’est possible collectivement que si un Monde partagé permet de réaliser un projet, d’exécuter une stratégie. Cela demande de formaliser ensemble les modes de pensée et les principes de fonctionnement qui permettront l’action collective performante.
Qu’aurait pu faire Raymond Domenech pour cela ?
1. Ne pas « espérer que ça va marcher ! » sic
2. Faire émerger le Monde voulu qui aurait permis la performance collective
3. Faire émerger des « passerelles » entre son Monde et celui de ses joueurs pour fonctionner ensemble
4. Et dans tous les cas : faire appel à P-Val !

Laissons Raymond conclure : « Là, j'ai raté quelque chose dans le rapport humain ».
Mais osons lui répondre « Raymond, ce n’est pas le rapport humain que vous avez loupé, ce sont les fondamentaux de la stratégie et du leadership ».

François Varin
Raymond est il le créateur d'un Monde auquel les autres veulent appartenir ?


3 questions pour valider cela :

1. Est-il capable de décrypter le (les) monde de son environnement et d'en dégager une synthèse que chacun reconnait comme pertinente ? 
Quel est son diagnostic du monde de fonctionnement des joueurs français ? de l'attente des supporteurs ? Raymond a trop peur d'écouter, il se protège par des pirouettes ou des provocations qui déplacent le terrain. il focalise le débat sur lui, pas sur les autres
2. Est-il capable de concevoir et de formaliser un monde voulu, qu'il incarne personnellement et qui attirent les autres ?
Quel est son style de jeu, son projet ? Il a produit un discours sur la victoire a tout prix, peu importe le moyen, la qualité du jeu. C'est un peu court. C'est très en dessous de l'ambition d'un Monde voulu qui définit clairement la grandeur du jeu, les modes de fonctionnement de l'équipe,...
3. Est-il capable de concevoir, de négocier, de mettre en place les Passerelles pour entrainer les personnes du monde actuel au monde voulu ?

Quel progrès l'équipe a-t-elle fait ? Avant son implosion en Afrique du Sud force est de constater que peu de chantiers ont été ouverts et suivis. Comme le dit Zidane " Raymond met de joueurs sur le terrain, il n'entraine pas"
Au final, pour être aussi provocateurs que notre sujet, nous pourrions dire que Raymond est le créateur d'un Monde auquel personne ne veut appartenir
Au delà de tout acharnement, dont la cible si l'on en croit ses turiféraires se réjouit d'autant plus qu'il existe dans l'oeil des autres même si c'est en négatif, il nous a semblé intéressant d'appliquer la grille de lecture Monde à ce personnage.

D'abord les Mondes de référence :

Opinion : je suis ce que les autres veulent que je sois
Domestique : je suis le petit chef qui veut imposer les protéges tibia à l'entrainement


pas Industriel : pas de projet de jeu dans la durée
pas Inspiration : quelle croyance, conviction peuvent lui être clairement attribuées ? A l'inverse d'un Aimé Jacquet
pas Civique : il n'est jamais dans le groupe, il s'en sert... d'ailleurs quel groupe ? :)
pas Marchand : il ne négocie pas, soit il impose, soit il céde. En revanche il sait très bien en tirer parti des opportunités qui passent devant lui

Dans un prochain post nous verrons s'il peut être un créateur de Monde