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Julia de Funès et Nicolas Bouzou partent en croisade contre l’absence de sens qui paralyse nos entreprises. Réunions interminables, séminaires sportifs, inflation des processus, babyfoots, formations ludiques, documents PowerPoint à n’en plus finir, Chief Happiness Officers, hackathon managériaux, ...
Pour eux, toutes ces actions "bien intentionnées"  sont au mieux des rustines, au pire des accélérateurs du désengagement des équipes, des burn-out, des bore-out ou autres xx- out !

Je mets des guillemets sur "bien intentionnés" car l'anthropologue David Graber va encore plus loin dans son analyse des "jobs à la con" en nous soupçonnant de faire exprès de mener ses actions pour occuper les énergies afin d'éviter qu'elles ne se rebellent !

Si les auteurs de "La comédie (in)humaine" sont percutants dans leur diagnostic, leurs recommandations tombent dans le piège même qu'ils décrivent. Il faudrait "remettre les idées managériales à l'endroit" en valorisant 5 qualités : innovation, efficacité, courage, réflexion, audace.  

Or justement, les modèles managériaux, les valeurs, les cours de leadership actuels sont exactement remplis de ces mots.

Bref, YAKA  et FOKON  sont dans un bateau, YAKA tombe à l'eau, qu'est-ce qui reste ...

Depuis 2008, P-Val s'est attaqué à comment quitter le stade incantatoire de toutes ces injonctions. Pour cela nous avons construit, testé, appliqué, mesuré, outillé une approche innovante, "les Mondes", pour se transformer collectivement autrement.

Partager le plus largement cette capacité à transformer "pour de vrai" est la vocation de ce blog et de notre livre "Transformer Autrement : créer votre Monde de Performance".

Lisez, parcourez, questionnez et parlons-en

Laurent

Dans un post précédent, j'avais montré que Patrick Drahi au delà d'être un financier est un excellent manager des hommes.
Allons plus loin. Mardi dernier, Patrick Drahi a expliqué son Monde de Performance aux élèves de l'X. 
Voilà ce qu'il dit de ses "Grandeurs".

Première grandeur, le parti-pris du contrariant, de l'adversité
Pour lui, une bonne idée est bien sûr une idée qui passe le cap de la contradiction mais surtout une bonne idée est celle qui rencontre beaucoup d'adversité.
«  Quand on a une idée, même si on nous dit qu’elle n’est pas bonne, il faut la poursuivre. Les bonnes idées restent celles qu’on pousse face à l’adversité ».
Pour illustrer sa pensée, il vole au secours de la loi Travail de Myriam El Khomri. Cette loi de simplification doit être une bonne idée précisément parce que tout le monde est contre.
« C’est le perpétuel risque d’échec qui vous fait avancer et qui vous pousse à vous mettre la pression pour réussir ».

Deuxième grandeur de Patrick Drahi : l’honnêteté - dans son sens "intériorité".
 Pour lui cette qualité est essentielle pour réussir face à l'adversité
« C’est important l’honnêteté, car si on n’est pas honnête, même si on est un génie, tôt ou tard, on se fait rattraper ».
Quand il parle de Myriam El Khomri, il décrit l’honnêteté de sa posture.
"Cette loi a été défendue par une personne dont ce n’était pas forcément le métier, mais qui a fait preuve d'humanité, de gentillesse, de bonté et je pense de droiture dans ce qu’elle faisait. Elle était honnête et la démarche des honnêtes gens est la bonne ».

Et alors me direz-vous ?
Et alors, si vous deviez négocier avec Patrick Drahi vous devrez utiliser deux leviers :

  • adversité : plus vous vous opposerez à son idée, plus il va penser qu'elle est bonne,
  • honnêteté : plus vous êtes congruent, synchrone avec ce que vous dites, plus il vous respectera.

Mais si cette situation d'avoir à négocier avec lui est peu probable, vous pouvez aussi lui emprunter son "radar" pour gérer vos propres situations complexes.

A vous de jouer !

Laurent Dugas