Le Pape François s’attaque à une face Nord de la transformation : changer la curie romaine

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Les grands leaders ont de l’ambition. Ils se lancent dans des grandes transformations. Le Pape François veut changer la curie romaine (ses Comex, ses Codir, ses directions fonctionnelles, ses BUs, ses services du siège).

Et il applique des bons principes P-VAL pour réussir cette face Nord en hiver :

  1. Il dit clairement la transformation dans un discours percutant : maladies … rivalité et vaine gloire … faux mysticisme … soins à apporter,
  2. Il dit que c’est un changement de Monde qu’il faut réussir : la curie ne doit pas maquiller ses rides mais traiter ses taches, non par un lifting ni par le changement des personnes mais par le changement de la personne ; la réforme de la curie sera efficace si et seulement si elle se réalise avec des hommes renouvelés et non pas simplement avec des hommes neufs. Il dit que le changement de Monde est que la curie quitte sa logique de pouvoir,
  3. Il s’appuie sur les mots du Monde catholique pour parler de la transformation : il appelle à la conversion et à la purification permanente
  4. Il sait taper juste pour décrire l’incohérence du Monde de la curie avec la stratégie de l’église : ceux qui se réfugient dans les traditions et dans les apparences du formalisme,
  5. Il a identifié des passerelles : la synodalité qui limitera l’influence de la secrétairerie d’État et qu’il veut réduire à une simple fonction de coordination sans suprématie administrative,
  6. Il va jouer son rôle de passeur : le Pape présidera toutes les réunions interministérielles, et les ministères du Vatican doivent référer directement au Pape et non à la secrétairerie d’État.


Osons lui signaler quelques écueils dans lesquels il est en train de tomber :

  • Il parle de résistances au changement. Rappelons que ce mot est utilisé par ceux qui ne comprennent pas que les équipes ne résistent pas au changement mais se bornent à rester cohérentes avec le Monde de leur entreprise, tel qu’il est et pas tel que le boss voudrait qu’il soit : ses grandeurs, ses reconnaissances, ses modes de travail et de décision,
  • Il va trop lentement. Son projet a été lancé il y a deux ans et il est scotché dans un fatras de plans d’actions simultanés. Ils noient les vraies passerelles dans un activisme qui donne l’apparence du changement.

 Bonnes fêtes à tous, et que la transformation soit avec vous.

Bruno Jourdan

En cette période de Noel, lisez aussi ce post qui décrit le rôle de passeur des Pontifex Maximus.

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