Procter & Gamble, pas d’ambigüité, l’entreprise est marchande

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Procter est un cas d’école pour celui qui veut apprendre à décrypter un Monde … et même un cas de première année tellement ce Monde est facile à comprendre.

Je vous rappelle qu’un Monde se décrypte à travers les mots utilisés par ses membres. Lisons ensemble comment Bob McDonald, CEO, explique sa stratégie dans l’interview qu’il a donnée au Figaro le 4 juillet 2011.

Bob MCDONALD. - Procter & Gamble est présent dans 38 catégories de produits, mais toutes ne sont pas présentes partout où nous opérons. Nous n'en avons ainsi que 15 en Chine, 20 au Mexique et autant en France. J'ai fixé en 2009 comme objectif de faire passer d'ici à 2015-2016 de 19 à 24 le nombre moyen de catégories par pays et d'être plus international. Ainsi, nous pourrons faire passer de 3,8 à 5 milliards le nombre de consommateurs que nous touchons chaque jour, de 12 à 14 dollars par an leur dépense moyenne pour nos produits, et de 77 à plus de 100 milliards de dollars notre chiffre d'affaires mondial.

13 chiffres en 8 lignes, qui dit mieux
La stratégie ? Des objectifs chiffrés, précis, détaillés, échéancés.
Admirons ensemble la qualité de ces chiffres. Ce ne sont pas des chiffres pour des financiers, ce sont des chiffres pour des opérationnels. Ils sont suffisamment concrets pour que chacun, qu’il soit grand ou petit manager, sache ce qu’il doit faire.

P&G est marchand et son CEO est emblématique de ce Monde.
Dans le Monde Marchand, l’un des 6 Mondes « purs » décrits par Boltanski et Thévenot, les chiffres sont la forme de l’évidence et le gain en est la grandeur.
C’était la première fois que Bob McDonald venait visiter sa filiale française … les managers n'ont sûrement pas été pris au dépourvu sur la nature des discussions avec le boss.

Bruno Jourdan

Source : Figaro
Sur P&G, relisez aussi le post du 21 mars 2011 Est-ce que Procter&Gamble peut gagner de l'argent dans les pays où les gens gagnent moins de 2$ par jour ?

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